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Rapport du ministère de la Culture sur la liberté de création
Source : Ministère de la Culture
Le ministère de la Culture a publié un rapport qui a recensé les entraves à la liberté de création intervenues entre mars 2025 et mars 2026. Durant la période considérée, 76 incidents ont été observés, dont 48 signalés à la Direction générale de la création artistique (
DGCA) du ministère de la Culture. Sur l’ensemble des champs culturels étudiés, le spectacle vivant est concerné par 30 situations.
Dans la continuité du plan mis en place en décembre 2024 par le ministère de la Culture, la haute fonctionnaire pour la liberté de création, Juliette Mant a rédigé le tout premier rapport sur les entraves subies par le secteur artistique. Celui-ci vise, est-il précisé, « à établir un état des lieux de la liberté de création en France, à analyser les formes contemporaines d’atteintes et les dynamiques à l’œuvre, et à identifier les conditions nécessaires au maintien d’un espace de création libre, pluraliste et pleinement inscrit dans le fonctionnement démocratique ».
Différentes typologies d’entraves
Le recensement effectué pour la période allant de mars 2025 à mars 2026 permet de distinguer deux catégories d’atteintes :
Les atteintes dites « externes », c’est-à-dire émanant de la société civile (particuliers, collectifs et associations, groupes de pression)
Les atteintes dites « internes », imputables à des autorités publiques (élus, collectivités territoriales, services de l’État).
Une analyse plus précise des signalements met, quant à elle, en évidence, quatre typologies :
Le contenu des œuvres et les thématiques (d’ordres religieux, sociétal, mémoriel ou politique) abordées, qui engendrent soit des pressions visant à obtenir la déprogrammation des spectacles, soit des actes destinés à perturber les représentations, soit des restrictions affectant l’accès aux financements ou les conditions de diffusion.
Les effets supposés des œuvres sur l’ordre social, politique ou public, et se fonde sur le maintien de l’ordre public, la prévention des troubles, et l’anticipation de risques de
qualification pénale.
La personnalité de l’artiste, la création n’étant alors pas remise en cause au regard de son contenu, mais en raison de comportements, de propos ou de prises de position publiques de son auteur.
Le contexte géopolitique, et la transposition des tensions que celui-ci suscite au sein de l’espace culturel national. S’y ajoutent, de façon moins visible mais tout aussi dommageable, des phénomènes d’autocensure, les artistes adaptant ou restreignant, de façon plus ou moins consciente, leur expression, afin de ne pas mettre en péril leur activité.
Le spectacle vivant en première ligne
Quels que soient les ressorts des atteintes à la liberté de création en France, l’observation menée durant une année aboutit à « un constat partagé : celui d’une fragilisation rapide, diffuse et systémique de l’exercice effectif de cette liberté fondamentale », souligne le rapport, ajoutant que cette évolution « se caractérise par une pluralité des auteurs des entraves, des périmètres de contestation, des modalités d’actions, des registres discursifs mobilisés ». Il note, en outre, une progression des entraves internes – « notable au début de l’année 2026 » –, présentées comme préventives et majoritairement justifiées par la nécessité de maintenir l’ordre public, tandis que les entraves externes semblent avoir diminué. « Malgré tout, tempère l’ancienne haute fonctionnaire pour la liberté de création, les atteintes directes aux artistes et aux personnes demeurent relativement constantes, pouvant générer à terme une autocensure aujourd’hui difficilement mesurable ».
Durant la période considérée, 76 incidents ont été observés, dont 48 signalés à la Direction générale de la création artistique (DGCA) du ministère de la Culture, par l’intermédiaire de la haute fonctionnaire ou des référents « liberté de création » en
DRAC, et 28 identifiés par voie de presse. Et 55 ont donné lieu à une intervention directe du ministère de la Culture, via la haute fonctionnaire ou les services déconcentrés (DRAC), sous la forme de médiation, d’accompagnement juridique ou de soutien moral et institutionnel aux acteurs concernés.
Sur l’ensemble des champs culturels étudiés, le spectacle vivant est concerné par 30 situations, qui se traduisent par des contestations de productions artistiques, des appels au boycott et des demandes de déprogrammations, des perturbations des représentations, des mesures d’interdiction fondées sur des risques de troubles à l’ordre public, des déprogrammations et des retraits de subventions.