Source : Artcena
La quatorzième édition de l’Observatoire de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la culture et la communication paraît, comme chaque année, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.
Depuis 2013, l’Observatoire rend compte des avancées, comme des inégalités persistantes. Chaque édition affine les méthodes de mesure, grâce au dialogue avec les réseaux professionnels, les institutions publiques, les organismes professionnels et de gestion collective.
Intégrant 24 nouveaux tableaux, cette nouvelle édition détaille la part des femmes dans les métiers de la culture et de la communication, leurs revenus – qu’elles soient salariées, fonctionnaires, pigistes, autrices, artistes – ainsi que leur accès à l’enseignement supérieur Culture, aux concours et à la formation continue. Elle analyse leur présence aux postes de direction et de décision, leur accès aux moyens de création et de production, leur visibilité dans les programmations et les médias, et comme lauréates de prix et distinctions.
Dans la centaine d’établissements placés sous la tutelle du ministère de la Culture, qui rassemblaient 36 266 étudiantes et étudiants pour l’année 2024-2025, la part des femmes demeure majoritaire. En effet, celles-ci représentent deux tiers des inscrits lors de la dernière rentrée universitaire, soit
10 points de plus que dans l’enseignement supérieur en général (56%). Dans les écoles du spectacle vivant, la répartition entre hommes et femmes s’avère paritaire sur cette même année.
En matière d’emploi, et d’après les chiffres de 2023, les femmes qui travaillent dans l’un des secteurs de la culture composent la moitié des effectifs (51%). Dans le spectacle vivant plus spécifiquement, leur part a progressé de 10 points entre 2010 et 2023. Et, en 2024, on dénombrait 42% de femmes salariées en activité dans le spectacle vivant – une proportion stable depuis 2021.
Si les études des années précédentes pointaient un écart moyen de 16% en 2022 et 2023, les données d’
Audiens montrent qu’en 2024 le salaire des femmes employées à temps plein et à
poste équivalent dans les métiers du spectacle et de l’audiovisuel est 14% moins élevé que celui des hommes. La même année dans le spectacle vivant privé, l’écart de rémunération atteint 20% - l’un des plus marqués.
Au 1er janvier 2026, les femmes ne représentent que 17% des dirigeants des 100 plus grandes entreprises culturelles françaises (hors établissements publics et entreprises de l’audiovisuel public), tous secteurs d’activité confondus, même si l’étude précise que ce chiffre est en hausse par rapport à 2025, où elles n’étaient que 12%.
Dans le détail, le nombre de postes de direction les plus élevés des établissements publics occupés par les femmes épouse une tendance à la baisse : alors que l’on comptait 42% de femmes en 2024, puis 39% en 2025, elles sont désormais 38%, avec 26 postes sur 69. Par exemple, à la direction des établissements publics du spectacle vivant, on ne compte que 2 femmes pour 7 hommes au
1er janvier 2026. De plus, l’étude souligne une forte hétérogénéité selon les champs artistiques.
Par ailleurs, dans les Centres chorégraphiques nationaux, les Centres dramatiques nationaux, les Centres d’art, les Centres nationaux de création musicale et les Pôles nationaux cirque, certaines équipes de direction sont composées de binômes (majoritairement homme/femme) ou de collectifs.
Concernant enfin les Écoles du spectacle vivant, la proportion de femmes à leur tête affiche un recul d’un point par rapport à 2025, pour atteindre 40%.
La part des femmes accédant à des aides progresse, notamment dans le spectacle vivant où, toutes disciplines confondues, elle augmente de 5 points. À cela, s’ajoute une autre tendance : la réduction de plus de moitié de l’écart entre le nombre d’aides attribuées selon le genre entre 2018 et 2024. En 2018, un fossé de 28 points séparait les aides accordées aux équipes artistiques dirigées par des femmes de celles dirigées par des hommes, contre 11 points six ans plus tard.
A contrario, en 2024, les aides consacrées en particulier à l’écriture dramatique ont été attribuées à 48% à des autrices, représentant 42% des crédits, contre 77% d’aides et 65% des crédits en 2023. Ce recul concernant le nombre d’aides et les montants s’observe depuis 2018.
« Quels que soient la discipline ou le type d’aide, la part de femmes bénéficiaires au regard des demandes, ainsi que le taux de sélectivité favorable aux femmes, témoignent de l’attention volontariste portée par les
DRAC pour accélérer la progression vers la parité, en soutenant davantage de projets portés par des femmes ou par des duos et collectifs paritaires », indiquent les auteurs de l’étude.
Sur les 100 spectacles programmés en 2024-2025 dans les établissements publics et labellisés, seuls 39 ont une direction artistique majoritairement féminine. La proportion est relativement similaire, bien qu’un peu plus faible, pour les spectacles recensés par l’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP) : 36%.
La visibilité gagne du terrain à d’autres endroits de la création, puisqu’avec entre 45% et 48% des effectifs selon les fonctions de mise en scène, de chorégraphie ou de conception du spectacle, la parité est quasiment atteinte sur l’ensemble des labels du spectacle vivant – hors musique. Mais, dans le détail, bien que l’on constate une progression pour les fonctions de mise en scène (entre 38% et 59% de femmes selon le type de lieux), la part des femmes demeure minoritaire dans l’écriture des spectacles : elle s’établit entre 36% dans les théâtres nationaux – dont une partie de la programmation repose sur des textes de répertoire – et 46% dans les Centres dramatiques nationaux. La proportion de spectacles écrits par des femmes est ainsi nettement plus faible, mais progresse de 5 points entre les saisons 2017-2018 et 2024-2025, passant de 18% à 23%.
En 2025, plus de 89% des personnes dont la parole est recueillie par la cellule de signalement des violences et harcèlements sexistes et sexuels (VHSS) mise en place en octobre 2022 par le ministère de la Culture, étaient des femmes. Cette même année, les femmes représentaient 87% des personnes entendues par la plateforme d’écoute et d’accompagnement psychologique et juridique opérée par Audiens et active depuis 2020.